23 novembre 2007

Preview : Kane & Lynch (360) [4/5]

En voilĂ , un jeu miraculĂ© : il y a encore quelques mois, les vidĂ©os diffusĂ©es sur internet donnaient l’impression d’un jeu Wii vaguement upscalĂ©, avec certes une atmosphère intĂ©ressante, mais des graphismes franchement indignes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration. Aujourd’hui, le jeu n’est pas tout Ă  fait mĂ©connaissable, mais les toutes dernières vidĂ©os me faisaient douter de mon jugement initial ; non, je ne rĂŞve pas, la qualitĂ© des environnements a bien fait un saut de gĂ©ant. La modĂ©lisation des visages laisse toujours Ă  dĂ©sirer (ça doit ĂŞtre le style de la maison, parce que ça rappelle les cinĂ©matiques de Hitman), mais l’animation est vivante et le rendu des dĂ©cors me fait penser Ă  Half-Life 2 — un peu dĂ©pouillĂ©, voire lĂ©gèrement stylisĂ© comme les personnages, mais plutĂ´t bien rĂ©aliste et immersif. Apparemment, les dĂ©veloppeurs ont concentrĂ© toutes leurs forces sur le gameplay avant de s’occuper des finitions visuelles au dernier moment.

Enfin… ça, c’est ce que je pourrais Ă©crire si le gameplay Ă©tait parfait. Malheureusement, des critiques prĂ©venaient d’un certain flou dans la visĂ©e (ce qui est un comble pour un shooter), et ça se vĂ©rifie Ă  l’usage : il y a clairement eu des moments oĂą le rĂ©ticule Ă©tait en plein sur la tĂŞte de mon ennemi et il n’a pas reçu la balle, alors que j’en ai tuĂ© d’autres en tirant visiblement Ă  cĂ´tĂ©. Je ne suis pas sĂ»r que ce soit tant un problème de programmation, d’ailleurs, que d’interface : le viseur est un point fixe, façon pointeur laser, qui suggère la prĂ©cision ; il suffirait peut-ĂŞtre de le remplacer par un cercle pour qu’on ait un sentiment plus fidèle Ă  la rĂ©alitĂ© de l’expĂ©rience.

Il y a aussi la mise Ă  couvert, façon Gears of War, mais en pire : lĂ  oĂą Gears Ă©nervait parce que la gestion Ă©tait trop automatique avec son bouton-Ă -tout-faire, Kane & Lynch va encore plus loin, puisqu’il n’y a plus de bouton du tout. Quand on s’approche d’un mur, on se met automatiquement Ă  couvert et, bien sĂ»r, plus c’est automatique, plus ça bugge : dans Gears on se retrouvait souvent collĂ© Ă  un mur sans le vouloir, mais c’était relativement facile Ă  corriger, alors qu’ici Kane a plutĂ´t tendance Ă  ne pas se mettre Ă  couvert quand on le souhaiterait. Entre les deux, je ne sais pas ce qui est le plus Ă©nervant.

Mais ce sont des dĂ©fauts plutĂ´t mineurs qui ne m’empĂŞchent pas de vouloir aller plus loin, et voir l’histoire se dĂ©rouler en entier — ce qui est dĂ©jĂ  une belle rĂ©ussite en soi, vu que je n’aime pas les histoires de gangsters Ă  la base. Dommage que la coop soit un peu foireuse (disponible uniquement en Ă©cran splittĂ© et non sur Xbox Live, mais en plus dĂ©sĂ©quilibrĂ©e parce que l’histoire ne s’y prĂŞte pas tant que ça, en fait) et que le mode online “Fragile Alliance,” quoique très bien trouvĂ© et sans doute excellent pour jouer entre amis, me paraisse peu appropriĂ© au matchmaking. Un mĂ©lange de shoot et de stratĂ©gie, oĂą il faut jouer coopĂ©rativement puis trahir ses collèges au bon moment, je ne voudrais pas ĂŞtre mauvaise langue, mais j’ai peur que ça ne soit pas assez bourrin pour la clientèle moyenne de Xbox Live. Enfin, ce ne sont que des prĂ©jugĂ©s, bien sĂ»r, et totalement infondĂ©s, sans doute. Mouarf.