Once upon a time I made a blog about video games. And this is what's left of it (mostly tweets).

10 October 2007

Project Gotham Racing 4

Un nouveau jeu de voitures sur 360, et la même question à chaque fois : est-ce que celui-ci va réussir à détrôner Forza 2 ? Contrairement à Dirt, PGR 4 part avec un handicap : il s’agit vraiment de concurrence frontale, avec les mêmes voitures sur des circuits vaguement comparables ; et il part avec le même avantage que Dirt, des graphismes autrement plus next-gen et de belles vues intérieures. Et, en guise d’identité propre, de la pluie, de la neige et du brouillard.

Comme les toutes premières courses du mode arcade se déroulent par temps clair (profitez-en, ça ne se reproduira pas souvent — il a fait beau en France pour tous les week-ends de 2007, mais visiblement dans l’univers de PGR les organisateurs de courses n’ont pas la même chance) et dans des voitures mortellement poussives, on n’a d’abord rien d’autre à faire que regarder les graphismes, les voitures, les décors — et, là, ça commence mal : les bâtiments sont tout carrés et ressemblent à un décor de carton-pâte, l’anti-aliasing est aux abonnés absents… même les voitures me semblent généralement un peu moins bien modélisées que dans Forza. C’est que les effets atmosphériques, ça prend du temps processeur, donc il faut bien faire de la place quelque part ; résultat, le gameplay (par temps clair) est bien moins impressionnant que les vidéos qui circulent sur le web, parce que la compression vidéo adoucit les angles.

Déception initiale, donc, mais heureusement contrebalancée par deux choses : d’une part, c’est rare qu’il fasse beau (puisque c’est l’idée-même du jeu, et que s’ils se sont donné la peine de programmer des gouttes de pluie et des flocons de neige ce n’est pas pour les utiliser une fois sur cinquante — même les menus sont couverts de gouttes d’eau !), et les effets atmosphériques sont franchement superbes ; d’autre part, on se traîne pendant les premières courses, mais au bout d’une heure ou deux on commence à rouler vite et on a beaucoup moins le temps de s’attarder sur les imperfections du décor. Sauf que cet argument-ci s’applique aussi à Forza 2 — Nurburgring est carrément plus joli dans PGR, mais quand on conduit on n’est pas là pour compter les buissons.

Tant que j’en suis aux graphismes, c’est le moment de parler du mode photo, même s’il est moins important que le gameplay lui-même : comme vous voyez ci-dessus, c’est tout simplement splendide, mais c’est aussi tout simplement de l’arnaque. Cadrez votre photo, réglez les effets visuels que vous voulez, appuyez sur A, et PGR prend quelques secondes pour développer la photo et vous donner un résultat qui n’a absolument rien à voir avec les images de gameplay. Je suis content d’avoir l’occasion de faire de belles photos de voitures (à vrai dire, on doit pouvoir passer des heures rien qu’à ça, en jouant en ligne avec des amis pour placer les voitures comme on veut, pour comparer les images après), mais je n’aime pas l’idée qu’en les montrant ensuite sur mon blog je ferais de la publicité mensongère pour un jeu qui ne ressemble vraiment pas à ça (à leur décharge, ils ne mettent pas un gros logo sur l’image comme Forza), et j’aime encore moins le fait que certaines publications utilisent des images du mode photo pour illustrer leurs tests du jeu. J’en ai vu, et pas des plus fumistes.

 

Mais on en est déjà à deux pages, et je n’ai pas encore abordé le seul point qui soit vraiment important : qu’est-ce que ça fait, de conduire une voiture dans PGR4 ? Pour situer, il faut rappeler que je suis un fan de Forza 2 (au cas où ça ne se serait pas vu au fait que j’ai déjà cité quinze fois le nom du jeu en trois paragraphes) et que je déteste les derniers Need for Speed ou Burnout, dont la seule caractéristique réaliste des voitures est le fait qu’elles ont quatre roues (intéressant d’ailleurs que les prochains opus de ces deux séries semblent justement revenir vers un peu plus de réalisme). Alors, où se situe Project Gotham Racing dans tout ça ? Après tous les jeux de ce type que j’ai déjà testés, je n’avais pas beaucoup d’espoir, et… contre toute attente, PGR4 se retrouve en fait pour ainsi dire au point d’équilibre parfait (à mon goût) entre la simulation et l’arcade.

Il ne remplacera jamais Forza — on n’a pas l’intense satisfaction de dompter une Ferrari comme un grand fauve, et les différentes voitures ont des personnalités moins marquées — mais excelle sur un autre domaine : le fun. Là où chaque course dans Forza est une vraie épreuve, qu’il n’est pas exceptionnel de finir en sueur, où il faut mémoriser les changements de vitesse et ne pas rater la trajectoire idéale de chaque virage, PGR4 est un jeu qu’on peut simplement lancer pour s’amuser un peu, lancer la voiture de virage en virage et faire crisser les pneus dans les épingles à cheveux. Le fait que le contrôle au pad soit moins précis que dans Forza (qui interprète intelligemment les mouvements du stick en fonction de ce que vous essayez de faire) se retrouve un avantage : pas la peine de se concentrer à fond pour avoir la trajectoire absolument idéale, puisqu’une variation d’un millimètre dans la position de votre pouce peut vous envoyer dans le mur à tout moment. Cerise sur le gâteau, alors que je suis allergique au mode “drifting” de Need for Speed, j’aime assez le système de “kudos” de PGR4 — qui a la particularité de récompenser les dérapages au frein à main mais de donner aussi des points quand on suit la trajectoire idéale d’un virage. La différence étant avant tout qu’ici on a quand même vraiment l’impression de conduire une voiture.

Pour ce qui est des motos, le consensus des testeurs est qu’il s’agit d’un ajout très dispensable, et je n’ai rien à y ajouter : la maniabilité est plutôt douteuse (est-ce qu’une moto n’est pas censée mieux accélérer et freiner qu’une voiture ?), la plupart des modes de caméra sont inutilisables et on passe son temps à se faire renverser par les voitures contrôlées par l’intelligence artificielle — je préfèrais très largement la gestion des motos par Test Drive Unlimited, même si les motards ne disposaient pas d’autant d’animations.

Tant que j’en suis à l’intelligence artificielle : c’est simple, elle est mauvaise. A moins bien sûr de décider qu’elle est juste agressive et que c’est une bonne chose qu’elle vous pousse dans les virages (et vous renverse à moto, donc) ; peu importe que votre trajectoire soit prévisible ou logique (parce que, dans Forza, quand je me fais toucher, c’est en général que j’ai foiré mon virage), si vous ne suivez pas précisément la courbe optimale et que vous essayer de doubler sur l’intérieur, vous allez vous prendre un concurrent dans l’aile. Et c’est tout particulièrement énervant quand la chaussée est glissante et que vous vous retrouvez ensuite en travers.

Ce qui me ramène avec une belle transition aux conditions météo : comme pour les graphismes, j’étais très déçu, pendant les premières heures de jeu, par le manque d’effet qu’elles avaient sur le comportement des voitures — jusqu’à l’épreuve du mode carrière sur Nurburgring couvert de neige dans une vieille Formule 1 Maserati, où j’ai retrouvé d’un coup toutes les sensations (et les sons) des virées en montagne avec mes parents quand j’étais jeune (non, on ne conduisait pas une Formule 1 des années 50, mais au niveau tenue de route dans la neige, une 250F ou une Renault 20, ça ne fait pas une grosse différence). Et j’ai donc réalisé que, d’une part, la vue intérieure n’est pas forcément la plus appropriée pour se rendre compte des dérapages (dans la mesure où les pneus ne crissent pas quand on glisse sur de la neige) et, surtout, que les premières épreuves se déroulent sous une pluie légère, mais qu’il faut avancer dans le jeu pour se retrouver avec des flaques d’eau et des étendues de neige. C’est un problème commun à tous les jeux de course, d’ailleurs, de ne pas montrer toutes leurs cartes dès les premières heures ; la différence, c’est que dans ce cas je n’ai pas joué à la démo, qui montre mieux les capacités du jeu, avant de recevoir la boîte.

Au niveau de la finition du jeu, il n’y a pas grand chose à reprocher ; j’avais un a priori franchement négatif sur Bizarre depuis le bug de PGR3 qui étirait l’image sur les écrans VGA, qu’ils n’ont pour autant que je sache jamais corrigé (et c’est la raison pour laquelle je ne l’ai pas acheté en attendant Forza), mais PGR4 montre une belle attention au détail, comme les halos des phares sous la pluie qui sont de différentes couleurs selon le type d’ampoule, l’effet visuel façon caméra sans-fil qui s’est pris un coup lors des crashes les plus violents, ou l’excellent son de deux carosseries qui frottent l’une contre l’autre, réaliste à pleurer et s’arracher les dents de sagesse. D’un autre côté, on a aussi le gros “GO !” qui masque le premier virage dans les épreuves en départ lancé, ou l’impossibilité de relancer une épreuve après avoir perdu alors qu’on peut la redémarrer à tout moment tant qu’elle n’est pas finie — mais bon, personne n’est parfait.

Dernière fonctionnalité (à part Geometry Wars et le mode online, que je réserve tous deux aux spécialistes), le garage : je ne sais pas s’il est censé quelque chose, mais il met bien en évidence le fait qu’on a dans PGR4 beaucoup moins l’impression de posséder ses voitures que dans Forza. Il y a une option de personnalisation de la peinture, qui est franchement bien pensée malgré ses limites, mais elle a les inconvénients de ses avantages : appliquer le même motif et les mêmes couleurs à toutes les voitures qu’on conduit, c’est rapide et pratique, mais ça contribue à l’impression qu’on ne fait que les emprunter. Mon garage, dans Forza, n’est peut-être pas très navigable avec sa loooongue liste horizontale de voitures, mais après avoir changé toutes les pièces de mes Lamborghini et collé des étoiles et des dégradés violets dessus, j’ai vraiment l’impression qu’elles m’appartiennent (ce qui me rappelle qu’il faut que j’achète un kit de sauvegarde du disque dur de la console, ce serait trop terrible de perdre la Gallardo que j’ai achetée aux enchères).

 

Le verdict, au final : c’est inattendu mais, oui, il y a des raisons d’acheter à la fois Forza 2 et PGR4, et ils sont complémentaires. Project Gotham dans la console quand on a envie de s’amuser sans se prendre la tête, Forza 2 quand on veut la satisfaction d’avoir réalisé des prouesses techniques — en fait, pour résumer, le premier est un combat contre des adversaires (réels ou artificiels, et je ne sais pas lesquels sont les plus bourrins) et le deuxième est un combat contre soi-même (pour faire un parcours sans faute).

Ne me demandez pas en revanche si PGR4 a un intérêt quand on possède déjà PGR3, ma console est trop jeune et, surtout, comme je l’ai écrit plus haut, je joue sur un écran VGA. Mais je crois que la météo est suffisamment bien gérée, et amène assez de variété, pour valoir le coup.

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